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Notre finale

Tout le monde n'est pas sensible de la même manière face à une œuvre d'art, de même face à un match de football. Selon avec qui l'on partage ce moment, selon l'endroit où l'on est, le contexte influe beaucoup sur notre perception et notre ressenti. Nous en avons suivis beaucoup des matchs, ensemble tous les trois. Cependant, cette finale Atletico-Real, chacun de nous l'a regardée de son côté. Nous avons donc décidé de croiser nos regards sur notre vécu de la soirée de samedi.

La soirée de Gui

Le cul posé dans le canapé d'un petit appartement de la banlieue parisienne, la chaîne Bein Sport était lancée depuis quelques minutes sur mon ordinateur, à ce moment là je me suis dit que je payais pas 13 boules par mois pour rien quand j'ai vu qu'elle était aussi diffusée sur D8 avec en bonus les commentaires d'Alexandre Delpérier.

Je n'ai malheureusement pas pris le temps de suivre les conseils de mon confrère et ami Cam et regardais le match en charmante compagnie certes, mais novice du football ayant droit à la fameuse question « Mais Griezmann, il joue pour Madrid ou pour la France ? »

Quinze minutes de jeu : Ramos (cette sale pute!) marquait un but dégueu en position de hors jeu sur coup franc. On en restait là pour la première mi-temps, la physionomie et le score du match n'évoluaient plus et ma Grim' ambrée était vide. Deuxième mi-temps, nouveau départ, nouvelle Grim', nouveau joueur F.Carrasco l'homme de cette seconde période puisqu'il conclut une belle action collective, allant saluer très sobrement par la suite sa compagne. Quelques minutes plus tôt, Toto Griezmann avait fracassé la barre sur péno voulant se la jouer contre nature. On finit le temps réglementaire avec un attentat de Sergio Ramos (la sale pute!) qui aurait été contacté par DAESH ensuite.

Puis Prolongations, carton jaune pour Pepe, puis tirs aux buts, Juanfran le rate, CR7 marque le dernier, arrache son maillot et continuer de faire mouiller les cagoles...

La soirée de Cam

Des finales de Ligue des Champions, j'en ai vécu, toutes différemment, mais celle-ci était plutôt spéciale. Pour la première fois, je me faisais une soirée foot en tête-à-tête avec mon père, l'occasion de partager un moment tout juste quelques jours après la séparation de mes parents. Du coup, je ne lui ai pas tenu rigueur des commentaires trop entendus et basiques sur Karim Benzema, ou encore sur le jeu d'acteur de certains joueurs du Real (Pepe, futur prix d'interprétation masculine ?)

Et cette finale, j'ai eu bien du mal à y rentrer. Outre l'émotion, la diffusion sur D8, les commentaires d'Alexandre Delperier et le niveau de jeu de la première période ont fait que j'avais l'impression d'assister à une partie au rabais. Fort heureusement, le second acte a vite dissipé ce sentiment, dès lors que Griezmann eût raté son pénalty. On a de suite senti que le match pouvait basculer, le ton était désormais tendu, voire mélodramatique. Le trop plein d'occasions gâchées par les Colchoneros m'a fait penser qu'ils ne reviendraient pas dans le match. Erreur, Yannick, l'homme de cette soirée-là, délivre l'Atletico à dix minutes du temps réglementaire. Les rayés rouge et blanc dominent et auraient pu s'imposer en toute fin de match si Sergio Ramos, d'un tacle traître et assassin (de sale pute comme dirait mon collègue et néanmoins ami Gui) ne s'était sacrifié.

Pendant la prolongation, Juanfran et ses petits camarades font l'amour à la défense Merengue, mais sans succès. Ce qui me fait dire, comme Jacques le Fataliste, personnage du roman de Diderot, que "C'était écrit là-haut": le Real allait s'imposer, et Cristiano Ronaldo, qui aurait mérité le surnom de Casper, n'y serait pas étranger. La suite on la connaît; la cruelle épreuve des tirs au but livre exactement le verdict que j'attendais. Je suis donc allé me coucher, écoeuré par la joie de CR7, qui exulte comme un CM2 qui aurait marqué un but contre un CE1 à la récré, écoeuré par la qualité de jeu proposée par le vainqueur tout au long de la compétition, mais malgré tout content pour Zinedine Zidane, l'idole de mes jeunes années, qui continue à forger sa légende.

La soirée de Flo

Rarement une finale de Ligue des Champions m'a aussi peu intéressé que celle-ci. Un derby madrilène, remake d'une finale d'il y a deux ans et surtout une équipe pour laquelle j'ai peu d'amour : le Real Madrid. Mais ce n'est pas pour autant que j'ai dérogé aux traditions et c'est accompagné d'un pote, de pizzas et de bière que j'ai regardé cette finale. Pour être honnête j'aurai du mal à analyser la première mi-temps et dire quels joueurs se dégagent tant nos discussions sur la gente féminine ont occupé nos esprits. La deuxième mi-temps a plus capté mon attention mais là encore l'analyse risque d'être compliquée. En effet, un élément perturbateur issu des cannes à sucre antillaises est venu nous déconcentrer et nous rendre moins à même de capter toute la tension d'une finale. Cet hommage spontané aux grands moments de la carrière de Gascoigne ou Best m'a fait oublier le sacre de Ronaldo et des Merengues mais la réalité m'a brutalement rattrapé à mon réveil vers 13 h du matin. Ce n'est qu'avec ce décalage que j'ai compris que j'avais vu hier le pire vainqueur de la Ligue des Champions de ma vie. Un jeu proche du néant, un parcours digne de l'Europa League, une victoire en finale acquise grâce à la chance. Et surtout Ronaldo meilleur buteur de la compétition grâce à des performances de haut niveau contre les ogres Malmö et Donetsk... L'Atlético apparaît finalement comme un perdant magnifique après avoir été la meilleure équipe de la compétition. Ce dénouement nous rappelle encore une fois que le football est à l'image de la vie : il est injuste, se joue sur des hasards et le meilleur n'est pas forcément récompensé.

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